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jeudi 18 avril 2013

Les Chemins de poussière 1 : Saba, Ange de la mort de Moira Young




Les Chemins de poussière 1 : Saba, Ange de la mort
Moira Young
Editions Gallimard Jeunesse
420 pages

 
Quatrième de couverture
Saba vit dans un monde régi par aucune loi. Quand son frère jumeau est enlevé, elle n’hésite pas à se lancer seule à la poursuite des ravisseurs. Dans une quête peuplée de créatures féroces, Saba va devoir se transformer en une impitoyable guerrière pour survivre… Mais elle va également devoir apprendre à ouvrir son cœur.










Ma rencontre avec le livre

J’ai repéré ce livre dès sa sortie en grand format l’an dernier : le résumé et le style des extraits que j’avais pu lire n’avaient pas manqué de me faire penser à la trilogie Le chaos en marche de Patrick Ness (sans doute un de mes auteurs préférés). A l’occasion de la sortie du tome 2 en grand format et du tome 1 en poche en février, j’ai donc saisi l’opportunité que m’offrait Gallimard Jeunesse d’enfin pouvoir le lire : merci pour cette belle découverte !


Ma lecture du livre

 Saba, Ange de la mort est le premier volet d’une trilogie dystopique YA (Young Adult) qui n’est pas sans rappeler Hunger Games ou Le chaos en marche. En effet, la recette est plus ou moins un mélange de ces deux romans : une héroïne au caractère bien trempé et anti-conformiste à la Katniss d’Hunger Games, une terre ravagée (par on ne sait trop quelle catastrophe) mais surtout une langue âpre nous faisant directement entendre la voix de Saba qui n’est pas sans rappeler le Bruit de Tood dans Le chaos en marche.

En reprenant ces bons ingrédients, Moira Young peut difficilement faire quelque chose de mauvais. Mais parvient-elle à se distinguer de ces autres romans ? La réponse est oui, sans aucun doute. L’auteur parvient, malgré ces similitudes, à nous offrir un livre disposant de son atmosphère propre et qui réussit sans difficulté à se hisser au niveau de ces grands succès dystopiques du moment.

L’univers peut apparaître, à première vue, un peu vide. Mais, il se révèle peu à peu au lecteur au fur et à mesure que Saba découvre elle-même ce monde ravagé, dur et violent où ne subsistent que des vestiges de ce qui peut avoir été notre civilisation (appelée ici « Les Destructeurs »). L’auteur laisse échapper ça et là des éléments qui ne manqueront sans doute pas d’être développées dans les tomes suivant car on sent dès ce premier livre qu’il s’agit d’éléments clés.

Vivant loin de tout avec son père, son frère et sa sœur, Saba se retrouve forcée après l’enlèvement de son frère de quitter le foyer familial. On la suit alors dans un périple où s’enchaînent les rebondissements, en particulier dans la première partie du roman. La seconde moitié est en effet plus posée, offrant moins de surprises mais reste intéressante à lire. L’intrigue n’est finalement pas révolutionnaire (plus ou moins une quête pour retrouver un être cher) mais ce sont les personnages et le traitement qui font la force du livre.

Commençons par les personnages. L’héroïne, Saba, n’est pas sans rappeler une certaine Katniss comme nous l’avons dit : une jeune femme combative au caractère bien trempé. Mais la comparaison s’arrête là. Là où Katniss apparaît comme la fille forte, dévouée…etc, Saba apparaît plus humaine. D’emblée, on constate qu’elle est pleine de faiblesses et son mauvais caractère, son irritabilité et son attitude agressive vis à vis des personnages qui l’entourent (en particulier sa sœur) en font, selon moi, un personnage bien plus complexe.

 
Le roman met en scène d’autres personnages que j’ai tous trouvés très bien conçus et intéressants à rencontrer. Ils ne sont pas très nombreux mais sont très variés, que ce soit du côté des méchants (assez originaux) que des alliés de l’héroïne. Et puisqu’on parle des alliés, on ne peut pas ne pas évoquer l’immanquable histoire d’amour qui traverse la seconde moitié du roman. Jouer sur la fibre romantique est à la mode en ce moment (cf. le triangle amoureux qui finalement est au cœur de toute l’intrigue d’Hunger Games). On n’y échappe pas ici. Mais, heureusement, Moira Young n’en fait pas le pilier de son intrigue. Bien sûr la relation assez complexe de Saba avec un certain personnage (dont je tais le nom) tient une place importante dans la construction du personnage de Saba mais n’empiète pas sur la quête. De plus, l’auteur ne nous ressert pas l’éternel triangle à la Hunger Games ou à la Twilight et je lui suis très reconnaissant de ne pas céder à ce schéma facile et éculé.



Outre les personnages, c’est le traitement de l’histoire qui donne sa saveur au roman. Moira Young nous propose une narration à la première personne qui donne à entendre la voix de Saba elle-même. Or, à l’image du style de Patrick Ness dans la voix du couteau, l’auteur prend le parti de ne pas faire passer cette voix par le moule de la langue littéraire et du style policé qu’on rencontre habituellement dans les romans. Saba est une jeune fille qui n’est jamais allé à l’école et qui ne sait pas lire. Sa voix s’en ressent : tournures bancales, expressions familières, phrases courtes, ton sec. Moira Young joue donc un jeu assez subtile avec la langue : créer un style qui se caractérise pas l’impression qu’il n’y a justement pas de style et pas de recherche littéraire. Il peut ainsi être assez difficile, au début, d’écouter cette voix, mais, rapidement, on y plonge. Et, lorsque Saba s’arrête finalement de nous parler, on en redemande ! 

Puisque je n’ai eu de cesse de faire des comparaisons tout au long de cette chronique, finissons sur ce point. Si vous avez aimé Hunger Games ou/et Le chaos en marche (qu’il faut absolument lire !), vous devriez apprécier de faire connaissance avec Saba dans Les chemins de poussière. Certes, le Bruit du Chaos en marche reste (dans mes souvenirs) plus percutant et le suspens m’a paru plus maîtrisé dans Hunger Games. Cependant Saba, Ange de la mort, en mélangeant les ingrédients de ces deux précédentes sagas est une œuvre tout autant remplie de qualité et, si elle ne dépasse pas ces « modèles », elle atteint sans peine leur niveau. De plus, avec deux tomes encore à venir, Moira Young dispose d’une bonne marge de manœuvre pour nous surprendre (ce qu’elle ne manquera pas de faire, j’en suis sûr !).


En résumé : un très bon premier roman qui ouvre une trilogie dystopique prometteuse. Un univers qui ne révèle pour le moment que peu de choses sur ce qu’il cache, des personnages variés et intéressants à suivre, une écriture (ou plutôt une voix) percutante qui donne toute son identité à Saba et au livre. Une saga à suivre et une autre preuve que, malgré la déferlante lié au phénomène de mode, le genre dystopique peut offrir de très bon romans.

9/10

Envie de poursuivre la découverte du monde de Saba ? Le site Les chemins de Poussière, premier site francophone sur la saga, est fait pour vous ! Cliquez sur la bannière !
 

jeudi 24 mai 2012

Le Mystère Olphite de Carina Rozenfeld




Editions L’Atlante Jeunesse
Science-fiction
288 pages

Quatrième de couverture
Maor est un jeune Olphite promis à un bel avenir dans sa caste : il a le don de Vision.
Mais un jour il fait une découverte macabre qui le pousse à s'enfuir de l'école où il vit depuis dix ans. Propulsé dans le monde « réel » et métamorphosé par sa rencontre avec Sirius et le professeur Hermann, il doit se rendre à l'évidence : les Olphites cachent quelque chose à l'humanité…
Poursuivis à travers la planète par les « pisteurs » d'Ikar, le guide des Olphites, Maor et ses amis vont vivre une aventure hors du commun avec un espoir fou : sauver la Terre.







Ma rencontre avec le livre :

C’est à un mélange de conseil et de hasard que je dois cette lecture. Le conseil : Tom, de la Voixdulivre, dit beaucoup de bien de Carina Rozenfeld que, de mon côté, je ne connaissais pas du tout avant qu’il m’en parle. Le hasard : je suis tombé sur ce roman en errant dans les rayons de la médiathèque. Je n’ai pas hésité longtemps !


Ma lecture du livre :

Ce premier roman de Carina Rozenfeld n’a pas été un véritable coup de cœur. Il s’agit d’une lecture agréable qui m’a donné envie de découvrir plus en détail le reste de l’œuvre de cette auteur. Cependant, à côté de bons points, le Mystère Olphite a aussi quelques défauts…


Commençons par les qualités de ce roman. L’idée de départ sur laquelle repose tout le récit m’a totalement conquis ! J’ai trouvé très poétique la capacité des Olphites à entrer en contact avec les comètes et à fixer leur esprit à ces blocs de pierre et de glace afin de voyager à travers l’univers par la pensée. L’idée est originale et, je l’avoue, me fait un peu rêver car j’aime beaucoup les étoiles.


Ce concept de base est servi par une écriture très fluide et agréable à lire. Nous sommes dans de la littérature jeunesse mais je salue l’auteur qui ne tombe pas dans un style de bas à sable où le style serait sacrifié à une simplification de la langue que je constate trop souvent en ce moment dans certains livres jeunesse.


Le Mystère Olphite avait donc tout pour faire un bon livre : une idée originale et une plume agréable. Mais j’ai été déçu au fur et à mesure de ma lecture. Comme je l’ai dit, j’ai tout de même apprécié ce roman mais je m’attendais à plus. Explications.

Tout d’abord, si le concept de base est original et très sympa, il est développé de façon très prévisible et je n’ai absolument pas été surpris par la résolution de l’intrigue qu’on sent arriver depuis la moitié du roman.


Les personnages, s’ils ne sont pas mauvais, ne m’ont pas spécialement conquis. Eventuellement le personnage de Sirius m’a bien plu mais je la trouve traitée trop grossièrement. Quant au héros, Maor, je trouve son évolution trop peu nuancée. Et bien sûr, on échappe pas à la petite romance…

Enfin, si l’auteur ne tombe pas dans le piège de la littérature jeunesse en ce qui concerne le style, elle est rattrapée par cette tendance à la simplification dans son intrigue. Les choses sont trop faciles, vont trop d’elles-mêmes. Plusieurs fois, on se dit « mais comment c’est possible », « mouais, c’est pas trop vraisemblable ». Exemple tout bête : vous avez trois personnes en fuite qui traverse la France et l’Espagne, qui dépense de l’argent etc mais leurs pisteurs n’arrivent pas à suivre leur trace… Vous prenez n’importe quel film de cavale et vous savez qu’en retirant de l’argent on peut se faire repérer. Voilà, là du coup on se dit que les méchants sont vraiment pas doués si ils ne pensent pas à ça…

Ce sont plusieurs petites choses de ce genre qui nuisent à l’ensemble de l’histoire. Il y a d’autres moments où des pistes intéressantes sont soulevées mais l’auteur ne s’y engage pas. Et pour cause : les questions de manipulation politique mondiale sont peut-être compliqués pour de la littérature jeunesse. Sur ce point, je salue donc quand même l’auteur qui a néanmoins intégré quelques idées sur ce points en imaginant la nature des Etats-Unis et de l’Europe dans 150 ans. Bien sûr, on est pas dans une projection à l’image de ce que propose par exemple un Pierre Bordage mais c’est normal : on est en littérature jeunesse et ce n’est pas le sujet de base de l’histoire.




Pour résumer, un roman agréable reposant sur une bonne idée mais qui me déçoit un peu en tant qu’amateur de SF. Je pense cependant qu’il plaira tout à fait à des lecteurs adolescents sauf si ils sont déjà de grands consommateurs de SF « plus poussée ». Dans ce cas-là, eux aussi risquent d’être un peu déçus.

6 / 10



CITRIQ

mardi 8 mai 2012

Quelques minutes après minuit de Patrick Ness

Chronique un peu longue pour un roman qui est très loin de m’avoir laissé indifférent, bien au contraire (comme en témoigne ladite longueur !) : Quelques minutes après minuit de Patrick Ness.




Quelques minutes après minuit
Patrick Ness
Editions Gallimard Jeunesse
215 pages

Quatrième de couverture
Depuis que sa mère est malade, Conor redoute la nuit et ses cauchemars. Quelques minutes après minuit, un monstre apparaît, qui apporte avec lui l'obscurité, le vent et les cris. C'est quelque chose de très ancien, et de sauvage. Le monstre vient chercher la vérité.








Ma rencontre avec le livre

Patrick Ness, l’auteur de ce roman, est sans doute la découverte littéraire qui m’aura le plus enthousiasmé au cours de ces deux dernières années. J’ai tout simplement été captivé par sa trilogie de science-fiction Le Chaos en marche et j’attendais donc avec impatience son nouveau roman, tiré d’une idée originale de la défunte Shiobhan Dowd. J’ai eu la chance de pouvoir le découvrir dès sa sortie grâce aux Éditions Gallimard Jeunesse qui m’ont offert la chance de lire dans le cadre d’un partenariat. Merci encore à elles ! Mais ces retrouvailles avec Patrick Ness ont-elles été à la hauteur ?




Ma lecture du livre

C’est là un livre bien loin de ce à quoi nous avait habitué son auteur dans Le Chaos en marche, quelques soient les aspects considérés. Un seul point commun néanmoins : on retrouve son talent de conteur mais au service d’un récit singulièrement différent.


Ici, pas de science-fiction mais une histoire toute simple, presque banale si tant est que l’angoisse et le malaise qui traversent tout le roman puissent être qualifiés ainsi. C’est l’histoire d’un enfant comme les autres, Conor, et de sa mère. Comme les autres, à un détail près : cette effroyable vérité, ce non-dit qui pèse sur le héros et sur le lecteur et que le monstre est venu révéler. Oui, un monstre ! Car, sous ses airs d’histoire banale entre une mère et son fils, Quelques minutes après minuit est en réalité une sorte de fable poétique : un monstre végétale est au cœur de l’histoire et accompagne Conor, ou plutôt le force, dans sa quête de la vérité refusée.


Une histoire simple mais efficace, racontée de façon originale. Des thèmes tirés de la vie « de tous les jours » mais en même temps peu anodins, voire dérangeants. On ne ressort pas indemne de cette lecture. Si la forme du texte, avec ses illustrations et son côté fable, semblent destiner le roman à un public plus jeune que Le Chaos en marche, la dureté du récit en font un roman pour lequel j’ai du mal à situer le public (l’éditeur donne à partir de 12 ans). A éviter peut-être pour les plus jeunes de moins de 11-12 ans ou alors dans le cadre d’une « lecture accompagnée » (mais après c’est peut-être moi qui suit trop sensible à certains aspects du récits). Une chose est sûre, l’histoire ne laissera personne indifférent…


Une des grandes qualités du Chaos en marche était la langue si particulière de Patrick Ness, ce Bruit, qui découlait directement de l’univers. Qu’en reste-il ici, où l’univers ne nécessite pas cette approche ? La langue en elle-même se veut bien plus conventionnelle. Pourtant, Quelques minutes après minuit porte lui aussi sa marque. On retrouve par certains aspects ce style très vif, rythmé avec des phrases et des paragraphes qui s’enchaînent, soulignant la dureté de l’histoire. La façon de raconter est également très intéressante. Le roman voit s’emboîter différentes histoires, des fables dans la fable ce qui donne un peu plus d’épaisseur à l’intrigue de départ qui, on l’a dit, assez simple.


Le point fort du roman reste néanmoins son atmosphère très particulière. Ce n’est pas une lecture que je vous conseille pour rêver et oublier vos soucis. Quelques minutes après minuit est un livre pesant, voire dérangeant. Des non-dits, un malaise et une tension permanente traversent tout le roman, en raison des événements vécus par Conor. Cette vérité qu’est venu chercher le monstre, elle est là, sous-jacente, on croit la deviner. Mais comme le héros, on la redoute. Et quand vient la fin… Mais je n’en dit pas plus.


Dernier aspect à souligner : les illustrations de Jim Kay qui ponctuent les pages du livre. Elles contribuent à l’atmosphère sombre et sont très réussies. J’en ai mises quelques unes en illustration de cette chronique afin de vous laisser juger par vous-mêmes. Le livre est ainsi agréable à prendre en main et à regarder. Seul bémol, la couverture originale était selon moi plus jolie (voir illustration plus haut).


Bien sûr, en tant qu’amateur de SF, j’avais espéré retrouver le Patrick Ness du Chaos en marche avec un récit du même genre. Mais en même temps, je suis content qu’il nous ait proposé autre chose : il prouve par là son talent et sa capacité à varier les genres.


Pour terminer, un citation du roman, à l’image de ce qu’est pour moi le style de Patrick Ness (un peu moins dans ce roman) mais aussi l’histoire de Quelques minutes après minuit :
«  Les histoire sont les choses les plus sauvages de toutes. Les histoires chassent et griffent et mordent. »


En résumé, un très bon roman : poignant, intelligent et plein de vérité mais en même temps très poétique et imagé (que ce soit par les dessins proprement dits que par les idées). Une histoire qui vous chamboule un peu (ou beaucoup selon vos expériences personnelles…) et qui, malgré l’aspect fable pour enfants, ne tombe pas une vision adoucie et convenue de la perte d’un être cher. Seul goût amer après cette lecture : combien de temps avant le prochain Patrick Ness ?!

COUP DE COEUR
9/10


CITRIQ



Le "trailer" du roman en langue originale : une vidéo très réussie.

jeudi 12 avril 2012

Alex Rider 9 : Le réveil de Scorpia de Anthony Horowitz


    Voici la chronique de l’ultime tome des aventures d’Alex Rider de Anthony Horowitz. Je conclu ainsi une des saga faisant l’objet du challenge serial lecteur (voir par ici).





Quatrième de couverture :
A seulement 15 ans, Alex Rider a frôle plusieurs fois la mort. Pour lui, le MI6 et la vie d'espion, c'est terminé.
C'est compter sans Scorpia, l'organisation criminelle, qui renaît de ses cendres, et dont les dirigeants n'ont qu'une idée en tête : se venger d'Alex. Scorpia place, une à une, ses pièces sur un véritable échiquier de la terreur. 
Cette fois, Alex Rider aura bien du mal à sortir indemne des mailles du filet.












Ma rencontre avec le livre :

Alex Rider et moi, c’est une longue histoire ! Tout a commencé je ne sais plus trop comment. La cause de cet oubli ? Et bien disons que j’ai commencé la série en 2005 ! Donc, oui, ça date un peu et j’avoue ne pas me rappeler les circonstances exactes de ma découverte. Sans doute au hasard de mes errances dans la médiathèque où j’allais lorsque j’avais des heures de libres entre deux cours.
En ce qui concerne ce tome précisément, là, je m’en rappelle très bien (encore heureux, ça date d’il y a deux semaines…) : médiathèque, j’en suis certain. Après plusieurs mois à attendre que l’unique exemplaire soit enfin « retrouvé », j’ai enfin pu l’emprunter !


Ma lecture du livre :

Petit rappel scénaristique pour ceux qui ne connaissent pas notre jeune ami Alex Rider et que la quatrième de couverture du présent tome n’a pas vraiment éclairé. Alex Rider est un jeune collégien anglais qui a la particularité de se retrouver depuis le premier tome de ses aventures obligé, malgré lui, de coopérer avec les services secrets britanniques. Son statut de collégien en font en effet l’agent idéal pour des missions délicates d’infiltration (et en théorie de simple observation mais qui tourne en général très mal pour notre héros). Il survit une fois, deux fois, et les directeurs sans scrupule du bureau du MI6 ne cessent ainsi de lui faire du chantage pour que le jeune collégien travaille à nouveau pour eux. Ses succès sont tels qu’Alex se met rapidement à dos la majorité des organisations criminelles et terroristes contre lesquelles lutte le MI6… C’est là qu’intervient cet ultime tome.


En effet, habituellement, c’est Alex qui débarque au milieu d’un complot visant à ruiner tel pays, à intoxiquer tous les enfants de tel autre état. Bref, c’est Alex qui vient embêter les méchants ! Ici, c’est tout le contraire : Scorpia, une organisation criminelle ridiculisée plusieurs fois par Alex et détenant des secrets sur son passé a décidé de se venger. Alex part bien en mission, à nouveau forcé par le MI6, mais cette fois tout n’est qu’un immense piège visant à supprimer Alex et à humilier le Royaume-Unis (pour ce second point, je n’en dis pas plus).


Afin de poser tous les éléments du piège orchestré par Scorpia, l’auteur prend ainsi le risque de donner un début très long à son roman : il faut attendre plus de 100 pages avant d’enfin retrouver Alex ! Ce risque s’avère cependant payant : certes, on s’impatiente un peu devant l’absence du héros mais une véritable tension s’installe. Le plan machiavélique se met doucement en place devant nos yeux et lorsque enfin on le rejoint, on ne peut que se dire « Oula, toi, mon pauvre, tu es mal barré ! ».


Un fragment de la frise du Parthénon
Que les habitués se rassurent cependant : Alex sera quand même amené à démêler un complot impliquant les frises antiques du Parthénon conservées au Brithish Museum (mon âme d’archéologue ne pouvait pas ne pas tomber sous le charme !). En effet, si Scorpia cherche à se venger d’Alex, on ne tombe pas dans un récit mono-centré sur cet aspect. L’organisation criminelle rentabilise son investissement en se servant du jeune collégien comme d’un pion dans le dit complot impliquant les dits vestiges archéologiques et visant à humilier le Royaume-Unis.


Globalement, l’intrigue est agréable à suivre. Malgré la différence d’âge depuis que j’ai commencé cette série, j’ai pris autant de plaisir à suivre Alex que par le passé. Le style d’Horowitz se veut simple, haletant, propice à un rythme soutenu au service d’une intrigue sans temps mort (mis à par la longue mise en place).


On sent tout au long du roman poindre un parfum de fin : des personnages sont sur le départ, l’auteur fait des allusions-hommages rétrospectifs aux  autres aventures d’Alex faisant ainsi revenir quelques guests-stars des tomes précédents. On soulignera en particulier le retour inattendu mais efficace d’un personnage du tome 2 dont j’avais, je l’avoue totalement oublié l’existence (et pour cause, j’ai lui Pointe blanche en 2005 !).


La délicate odeur de conclusion se sent également dans la discrète évolution de l’orientation de la série. Alex Rider était habituellement une série jeunesse d’espionnage avec un pitch de départ qui n’est pas des plus réalistes (un collégien espion qui survit à toutes ces aventures…). Mais ce n’est pas grave, on aime (ou pas pour l’histoire) et c’est agréablement écrit. Mais ici, pour la fin, Horowitz décide d’aller plus loin, comme si étant donné qu’il s’agit du dernier tome et que ses lecteurs ont grandi, il voulait les amener tout doucement vers des romans plus matures. Au revoir  les complot un peu tirés par les cheveux (cf. empoisonner tous les collégiens d’Angleterre en cachant un virus dans des ordinateurs…) et bonjour le complot plus sophistiqué et plus politique. Au revoir le « les gentils s’en sortent toujours et les gentils sont toujours vraiment gentils » et bonjour l’exécution de personnages clés et la nuance apporté à certains personnages.


Venons-en maintenant à LA question : il s’agit du dernier tome. Dès lors, Horwitz remplie-t-il son contrat de conclure la série ? Pour la réponse est indéniablement oui. Alex Rider est le genre de saga qu’il est difficile de clôturer : on peut toujours, si on le veut, trouver une nouvelle mission au héros car on trouvera toujours de nouveau terroristes. Ce n’est donc pas le simple fait de le faire triompher (ou non, à vous de lire pour le savoir) sur Scorpia qui peut justifier le qualificatif de conclusion. Horowitz n’essaye pas de nous duper ainsi. Non, il cherche véritablement à conclure non pas une x-ième mission mais l’évolution de son personnage. On l’a dit, l’auteur fait mûrir son style et son approche dans ce dernier roman et par la même occasion il fait également mûrir Alex. En cela, il s’agit pour moi de la conclusion parfaite, s’adaptant à l’évolution du lectorat tout en lui ouvrant la voie vers des livres plus adultes. On aimera ou on aimera pas le Alex transformé, devenu adulte en quelque sorte, que nous propose Horowitz. Mais dans tous les cas, je pense qu’on ne peut que saluer le travail de l’auteur pour offrir non pas simplement une ultime aventure venant juste s’ajouter aux huit autres mais bien une véritable conclusion au personnage permettant de tourner définitivement la page.


En conclusion (c’est le cas de le dire), un ultime tome à la hauteur de la série bien que légèrement différent. Bien construit, haletant (malgré une longue mise en place), il conclut à merveille les aventures d’Alex Rider qui ne ressort pas inchangé de cette ultime épreuve, sans doute la plus difficile qu’il ait eu à affronter jusque là. Les habitués aimeront, j’en suis sûr. Pour les autres, c’est l’occasion de découvrir la saga. ;-)


8,5 / 10
CITRIQ

mercredi 22 février 2012

Hunger Games 3 : La révolte de Suzanne Collins


Et voici enfin la chronique du troisième et dernier volet de cette trilogie de science-fiction qui, comme vous allez le voir, jusqu’au bout ne m’aura pas laissé indifférent  !




Résumé
La révolte est là. Les districts ont assez joué et souffert. C'est maintenant au tour du Capitole d'entrer dans l'arène. Et la fille du feu est prête à tout pour libérer le peuple du joug du cruel président Snow. Mais celui détient une arme contre laquelle Katniss ne peut lutter : Peeta...












Ma rencontre avec le livre :

Bon, on va pas revenir dessus outre mesure. J’ai déjà reconnu que j’avais été idiot de refuser pendant si longtemps de suivre les judicieux conseils d’une amie qui me poussait à découvrir la trilogie. C’est elle qui m’avait prêté les deux premiers volumes. C’est encore à elle que je dois d’avoir pu lire cet ultime tome !

Ma lecture du livre :

Qui dit troisième et dernier volet dit une histoire déjà en cours et une conclusion. Ces deux points m’obligent à limiter au strict minimum les informations sur l’intrigue en elle-même. Pour éviter toute révélation, rappelons simplement que Katniss, notre héroïne combative et au caractère bien trempé, évolue dans une Amérique post-apocalyptique dont la population vit sous la terreur d’un gouvernement nommé le Capitole. Sa principale arme de soumission réside dans les Hunger Games, des jeux au cours desquels des adolescents sont obligés de s’entretuer pour faire gagner de la nourriture à leurs proches. Voilà pour le background de l’histoire.
En ce qui concerne l’intrigue en elle-même, la fin du second volume laissait présager un tournant radical dans la construction et le déroulement de l’histoire. Et on est servi. L’entourage de l’héroïne évolue, tout comme ses objectifs et sa situation. Je suis bien mystérieux mais je ne veux prendre aucun risque d’en révéler de trop !

Passons donc à des aspects moins sensibles pour lesquels il n’est pas nécessaire d’aborder l’intrigue. Tout d’abord, les personnages. Si l’évolution de certains d’entre eux était plus qu’intéressante (Peeta), j’ai été relativement déçu par la mollesse de Katniss à plusieurs reprises. Par moment on se demande où est passée la jeune fille combative et pleine de convictions du tome 2….

Ensuite, mentionnons l’écriture en tant que telle. J’ai été frappé par la froideur du traitement de certains passages de combat ou de mort. Il ne s’agit pas là d’un point négatif en tant que tel mais bien d’un étonnement. En effet, le traitement de ces passages est singulier pour un roman « jeunesse ». L’horreur de la guerre n’est pas moralisée ou enrobée de belles réflexions, elle est juste dite, décrite. Par moment, cela en même presque dérangeant dans la mesure où on se déconnecte des personnages en se disant « mais comment peuvent-ils ne pas réagir face à ça ? ». Puis, en y réfléchissant, on se rend compte que c’est justement ça, la guerre : on perd la conscience de ce que signifie tuer. Le meurtre devient un réflexe, une banalité. Et en cela je retrouve ce que j’avais déjà apprécié chez Suzanne Collins : cette capacité à ne jamais tomber dans un moralisme dégoulinant ou dans un manichéisme simpliste mais à laisser les choses parler d'elles-mêmes.

Pourtant, malgré ce beau jeu sur le thème de la guerre et bien que clôturant de façon très agréable l’histoire, ce tome m’a paru légèrement en deçà des deux précédents volumes. Il reste tout de même très plaisant à lire et  je ne regrette surtout pas de m’être lancé dans cette saga, bien au contraire. Simplement, je n’ai pas autant été happé par l’histoire que pour les tomes 1 et 2. Même si l’intrigue évolue de façon plaisante, je n’ai jamais eu la sensation que le geai moqueur prenait réellement son envol. Pourtant, l’auteur nous propose une fin de qualité. Les « bouleversements » surviennent jusque dans les dernières pages, les réponses nous sont données et le triangle amoureux (qui, je l’avoue me fatiguait quelque peu) trouve une résolution qui, m’ayant agréablement surpris, me fait oublier mon exaspération face à cet aspect de l’histoire.

Bref, un bon final mais malheureusement pas aussi intense que je me l’étais imaginé. Mais globalement, Suzanne Collins nous aura offert avec Hunger Games une trilogie d’une grande qualité qui mérite d’être découverte et lue jusqu’au bout même si le premier tome reste pour moi le meilleur. J’espère que ces trois chroniques vous auront donné envie de vous lancer à votre tour dans ces Jeux de la Faim ! Pour moi, ils sont malheureusement dorénavant terminé… Mais heureusement, la sortie de l’adaptation du premier tome en mars 2012 me permettra de retrouver encore une fois Katniss !


7 / 10

CITRIQ

vendredi 27 janvier 2012

Hunger Games 2 : L'embrasement


Cette troisième chronique prend directement la suite de la précédente puisque après le 1er volet de la trilogie Hunger Games, je vous propose maintenant ma lecture du second tome : L'Embrasement.


Quatrième de couverture
Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s'agit surtout d'une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d'une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n'hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l'aube des Jeux de l'Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss...










Ma rencontre avec le livre :

  Je ne vais pas vous re-raconter comment j’ai été assez stupide pour refuser, pendant plusieurs mois de suivre les conseils d’une amie de découvrir cette saga (pour ceux que ça intéresse, direction ma critique du 1er tome). Simplement, pour souligner une fois de plus ma stupidité (mais également le fait que je sais reconnaître que j’ai eu tord), je dirai simplement que, mon amie m’ayant uniquement prêté le tome 1, je me suis retrouvé en manque après l’avoir fini, à tel point qu’elle est venue dès le lendemain m’apporter la suite (que j’ai dévoré en 4 jours !).


Ma lecture du livre :

    Sans m’étaler sur l’histoire, je vais me contenter de rappeler les grands principes de l’univers d’Hunger Games pour ceux qui ne connaîtraient pas cette saga : une société futuriste où cohabitent une masse exploitée parquée dans des districts miséreux et une minorité dorée, caricature à outrance de notre société de consommation ; un jeu télévisé visant à maintenir la population dans la terreur et dont le principe et de forcer 24 adolescents à s’affronter jusqu’à la mort pour gagner de la nourriture pour leur district ; une héroïne attachante et fouillée ; un triangle amoureux (non, je ne dirai pas que c’est pour attirer les filles) ; une panoplie de personnages très réussis. Voilà, l’essentiel est dit !

    Concernant le synopsis de ce second tome, je vais également tenter de ne pas gâcher le plaisir à ceux qui découvrirait la saga. Disons simplement que Katnis, notre héroïne, qui après les dangers affrontés dans le 1er volet pensait pouvoir souffler, va être rattrapé par ses actes. En effet, son attitude lors des Hunger Games du précédent tome a fait souffler un vent de révolte sur les districts et le régime tyrannique du Capitole entend bien faire payer à Katnis les soucis qu’elle lui cause…

    Tandis que Katnis vit comme un cauchemar cette replongée dans l’univers des Hunger Games, nous, lecteur, savourons avec délectation ce nouveau plat cédant cette fois-ci une plus grande place au background de l’univers qu’aux jeux et à leur déchaînement de cruauté. Certains en seront peut-être déçu et trouveront l’action lente à se mettre en place mais ce n’est pas mon cas. En effet, j’ai pris plaisir à suivre le développement des relations entre les personnages et surtout à voir comment l’auteur parvient à complexifier et à rendre ambiguë la position des différents personnages en jeu.

    Cette « longue » mise en place ne m’a donc pas déplu en soi. En revanche, j’ai été un peu déçu par le peu de place laissé aux jeux (quelques pages supplémentaires n’auraient pas été de trop, mais c’est toujours comme ça avec les bons livres me direz-vous !). Mais surtout, j’ai été un peu refroidi par la façon un peu brutale dont l’auteur retourne la situation à la fin du livre. Cependant, les perspectives ainsi ouvertes laissent présager une suite (et malheureusement fin…) passionnante ! Rendez-vous prochainement pour le verdict !


7 /10

PS : n’hésitez pas à commenter (par exemple pour me conseiller des livres semblables !) et à cocher dans quelle mesure ma chronique vous a donné envie de découvrir ce livre par vous-même !

CITRIQ

vendredi 20 janvier 2012

Hunger Games de Suzanne Collins

        Deuxième chronique, deuxième genre littéraire (mais toujours dans la littérature jeunesse) : les dystopies (ou peinture d’une société en disfonctionnement). Et pour ce faire, mon choix (malgré moi comme vous allez le voir) s’est porté sur le premier tome de la trilogie de Suzanne Collins : Hunger Games (traduisible par les jeux de la faim).



Résumé
Sur les ruines d'une Amérique détruite, le gouvernement du Capitole fait régner la terreur sur les 12 districts du nouveau pays de Panem. Son outil : les Hunger Games ou jeux de la faim. Chaque année, une garçon et une fille de chaque district sont tirés au sort et envoyé dans une arène affronter jusqu'à la mort les autres enfants sélectionnés, star d'une émission de téléréalité sanglante. A la clé : des rations de nourriture pour leur district. Katniss et Peeta sont les tributs du district 12 de cette année. Survivront-ils ?

Ma rencontre avec le livre :

    Comme je l’ai dit, c’est un peu malgré moi que j’en suis venu à lire ce livre. J’avais eu vent du succès du roman, je l’avais aperçu en librairie, entendu parler de la prochaine adaptation cinématographique mais je n’étais absolument pas inspiré. La raison en est simple : le pitch de départ était pour moi trop similaire à celui du film japonais Battle Royal : des adolescents enfermés dans une arène avec pour seul but de entre-tuer afin d’être le dernier survivant et ainsi être déclaré vainqueur.
    J’étais résolu à laisser Hunger Games de côté quand une amie, qui tentait de me convaincre que ce roman était bien plus fouillé et jouait sur d’autres plans que Battle Royal, m’a fait du chantage : si je ne faisais pas l’effort de lire le premier tome, elle ne lirait pas la Belgariade (ma série de fantasy préférée, écrite par David Eddings, et que je tente de lui faire lire depuis un petit moment déjà !). Bref, je n’avais guère le choix et je me suis lancé dans les jeux de la faim…


Ma lecture du livre :

    Soyons honnête dès maintenant, j’ai été idiot de mettre si longtemps à écouter les conseils de mon amie ! J’ai littéralement dévoré ce premier tome, chose qui ne m’était pas arrivée depuis bien longtemps avec un roman !

    Je reste sur mon idée que le point de départ est très inspiré de celui du film Battle Royal mais la comparaison s’arrête ici. Là où le film japonais se contente d’une profusion d’exécutions sanglante, le roman Hunger Games développe une véritable dystopie, nous expliquant le pourquoi et le comment de ces « jeux de la faim » qui voient s’entre-tuer 12 garçons et 12 filles chaque année.
    L’histoire prend en effet place dans une Amérique dévastée où les Etats-Unis ont cédé la place à un pays nommé Panem (le nom est un peu ridicule puisque qu’il signifie pain en latin et que, au regard de toutes les autres références à l’Antiquité, le choix de ce mot latin n’est pas du au hasard mais passons…). Ce pays se divise en 12 districts, chacun chargé d’une mission particulière (production de fruits, de charbon, de vêtements…) afin d’approvisionner la ville-capitale qui fait peser un régime de peur et d’oppression sur les habitants grâce au système des Hunger Games.
    Le principe est simple : tous les ans, chaque district doit fournir une garçon et une fille comme tribut. Ces tributs sont réunis dans une arène où ils devront s’affronter jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un survivant. Le gagnant assure ainsi une année d’approvisionnement en nourriture pour son district. Ce massacre annuel donne lieu à une émission de télé-réalité suivie dans tout le pays afin de rappeler à chacun que l’autorité centrale a tout pouvoir sur eux.

    Notre héroïne, Katniss, va, vous vous en doutez, être amenée à participer à ces jeux. Je tais le comment et le pourquoi de sa participation afin de ne pas vous gâcher la lecture. Arrêtons-nous plutôt sur le personnage lui-même : j’ai été agréablement surpris par la profondeur psychologique donnée par l’auteur à cette jeune fille amenée à devoir tuer d’autres adolescents de son âge. On ne tombe ni dans la boucherie sans âme, ni dans le moralisme à outrance du « je ne tuerai pas » et c’est par cette profondeur des personnages que ce roman dépasse pour moi de très loin le film Battle Royal.
    La relation de Katniss avec l’autre personnage principal (à savoir le tribut masculin de son district) est un autre point fort de l’histoire même si il s’agit aussi d’un aspect qui me fait craindre pour la suite. En effet, la relation ambiguë qui unit les deux personnages (en même temps ennemis dans l’arène mais ayant une passé commun que je ne révélerai pas ici) montre toute la complexité de la situation dans laquelle se trouve l’héroïne. Cependant, on sent plus que poindre ici une sorte de triangle amoureux insoluble qui me fait craindre pour l’orientation des tomes suivants (et oui, je suis un garçon, donc bon je veux bien un peu de romantisme et de sentiments mais je crains que cet aspect prenne le pas sur le côté dystopie dans la suite de la trilogie).

    Mis à part ce point « négatif » (ou devrais-je dire potentiellement négatif, puisque seule la lecture du second tome me permettra de trancher), Hunger Games constitue un très bon roman, aussi bien du point de vue du scénario que du style. Un conseil, l’adaptation ciné sortant sur les écrans en mars, lisez le livre AVANT afin que votre découverte ne soit pas gâchée par le battage médiatique qui va s’abattre sur nous ! Bonne lecture !

9,5 / 10

CITRIQ
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