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jeudi 30 octobre 2014

Assassin's Creed : Forsaken d'Olivier Bowden

Assassin's Creed : Forsaken
Olivier Bowden
Editions Milady – 428 pages

Résumé
1735 - Londres. Haytham Kenway a appris à manier l'épée depuis qu'il est capable d'en tenir une. Alors, quand des hommes armés attaquent la demeure familiale, assassinent son père et enlèvent sa soeur, Haytham défend son foyer de la seule manière possible : il tue. Après ce drame, un mystérieux tuteur le prend sous son aile et l'entraîne pour faire de lui un assassin redoutable. Consumé par sa soif de vengeance, Haytham se lance dans une véritable vendetta.
Il ne se fie à personne et remet en question tout ce qu'il a toujours connu. Conspirations et trahisons l'assailliront de toutes parts tandis qu'il plongera au coeur du conflit séculaire qui oppose les Assassins aux Templiers.







Disons-le d'emblée, ce roman Assassin's Creed (le premier et sans doute le seul que je lirai) est très inégal. La première partie du roman se montre réellement intéressante. Prenant place bien en amont des événements du jeu Assassin's Creed III, les premiers chapitres nous racontent en effet le passé d'Heytham (le père du héros du jeu ACIII) et les événements tragiques qui vont faire de lui le personnage qu'on connaît. J'ai en particulier apprécié la partie sur son enfance dans le Londres du milieu du XVIIIe siècle. On y découvre un autre personnage de la série de jeu : Edward, le héros de Assassin's Creed IV Black Flag. Ce point est assez amusant car, à l'époque de la sortie de ce roman, le jeu en question n'était pas encore annoncé et on découvrait donc en avant première ce héros à venir !

Après ces remarques positives, passons aux points qui font mal : la suite (et malheureusement la plus grosse partie du livre). En effet, une fois que l'intrigue du roman rejoint celle du jeu ACIII, on s'ennuie ferme. L'auteur nous fait revivre, dans un style passable mais pas exceptionnel, des événements bien connu des joueurs puisqu'ils les ont déjà vécu manette en main. Certains me diront qu'on voit ces mêmes événements du point de vue d'Haytham et non avec le regard du héros du jeu. Certes, mais l'apport est bien maigre dans la majorité des cas. D'autant plus que l'auteur pratique de nombreuses ellipses à des passages où il aurait justement pu jouer sur le fait que ces passages ne sont pas présents dans le jeu. Finalement, on finit donc le livre sur une impression assez négative car on a oublié que la première partie n'était pas si mauvaise, et c'est bien dommage.


En résumé : un roman à réserver aux fans, et encore, c'est seulement la première moitié du livre qui vous apportera peut-être quelque chose. Je me vois donc mal vous conseiller d'acheter un livre uniquement pour ses 150 premières pages ! A vous de voir si vous voulez acheter un livre pour n'en lire que la moitié !

3/10





samedi 22 mars 2014

Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket 1 : Mais qui cela peut-il être à cette heure ?


Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket 1
Mais qui cela peut-il être à cette heure ?
Editions Nathan / 250 pages

Quatrième de couverture :
Avant de lire ce livre, il serait préférable de vous poser ces questions :
1- Voulez-vous savoir ce qui se passe dans une ville en bord de mer qui ne se trouve plus en bord de mer ?
2- Voulez-vous en apprendre davantage sur un objet volé qui n'a pas du tout été volé ?
3- Pensez-vous vraiment que cela vous regarde ? Pourquoi ? Quelles sont vos motivations ? En êtes-vous sûr ?
4- Qui se tient derrière vous ?






Ma rencontre avec le livre :

Lemony Snicket est une vieille connaissance puis que je suis un fan inconditionnel de son autre série, Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. Lorsque j'ai appris qu'il sortait enfin un nouveau livre, je n'ai pas hésité longtemps ! Plus qu'une rencontre, il s'agit donc ici de retrouvailles avec un de mes auteurs favoris !

Ma lecture du livre :

Quel plaisir de retrouver après tant d'années l'écriture de Lemony Snicket ! Le style si particulier de l'auteur est intact. Le livre est truffé de jeux sur les synonymes, de références littéraires et surtout de ces tableaux de lieux si atypiques auxquels l'auteur nous avait habitué dans les orphelins Baudelaire.

Arrêtons-nous justement sur le cadre de cette histoire. A l'échelle locale, Snicket nous propose de découvrir une petite ville au bord de la mer qui n'est plus au bord de la mer. Rien qu'avec cette description, le ton est donné : tout ce qui vous y attend n'aura ni queue ni tête ! Mais, à une échelle plus large, on se rend compte que l'on se trouve en fait dans le même monde que celui des orphelins Baudelaire. Certaines références obscures (le narrateur est volontairement mystérieux et laisse le lecteur dans l'ombre) seront ainsi plus claires pour un lecteur de la série précédente. Cependant, on peut tout à fait découvrir cet univers avec ce roman. Attendez-vous simplement à un être un peu perdu au départ : c'est normal, Lemony Snicket aime perdre ses lecteurs ! Il faudra vous y faire !

En ce qui concerne les personnages, on retrouve donc bien évidemment Lemony Snicket lui-même. En effet, pour rappel, l'auteur est également un personnage de l'histoire. Alors que dans les orphelins Baudelaire il était adulte, il nous propose ici de découvrir son enfance et ses débuts au sein de la fameuse organisation jamais nommée mais qui n'est sans doute autre que VDC. Sa « voix » d'enfant m'a ici moins convaincu que celle du Lemony adulte. En effet, peut être à cause de son jeune âge, il est bien moins sarcastique et grinçant que dans les orphelins (or, c'était un des points forts de la série). En revanche, les autres personnages qu'il décrit sont tout à fait à la hauteur ! Mention spéciale à Theodora, sa mentor, qui illustre à merveille le sort réservé aux adultes dans l'univers de Snicket : des personnes totalement absurdes et ridicules !


Parlons maintenant un peu de l'intrigue. Snicket oblige, c'est tarabiscoté, mot signifiant ici « compliqué mais au final relativement simple et obscurci par un traitement volontairement mystérieux et allusif sur certains points ». Une histoire de vol, d'enlèvement et mystérieux projets. Voilà en gros ce qui va vous occuper dans ce roman. L'affaire policière se suit sans trop de mal mais certains seront en revanche peut être énervé par les nombreux silences volontaires du narrateur sur certains points qui ont pour conséquence de nous laisser faussement dans l'ignorance. Comme dit plus haut, il faut s'y faire, cela fait partie intégrante de l'écriture de Snicket. Considérez cela comme une sorte de jeu : à vous de réussir à mettre les pièces du puzzle dans l'ordre. J'insiste sur ce point car c'est vraiment LE reproche que j'ai vu plusieurs dans d'autres chroniques sur internet.


Pour conclure, donc, un véritable plaisir que de retrouver un Lemony Snicket en bonne forme. Le roman se lit facilement mais on ne peut cependant s'empêcher de le comparer aux orphelins Baudelaire qu'il ne parvient à mon goût pas à surpasser. Mais, pour sa défense, il ne prétend pas tout à fait jouer dans la même catégorie. De plus, il s'agit là d'un premier tome qui appelle bien évidemment une suite à partir de laquelle il sera déjà plus aisé de commencer à porter un jugement d'ensemble sur cette nouvelle série. Bonne lecture !

7.5/10



lundi 25 mars 2013

Gladiateur 1 : Le combat pour la liberté de Simon Scarrow





Gladiateur 1 : Le combat pour la liberté 
Simon Scarrow
Editions Gallimard Jeunesse
364 pages

Quatrième de couverture
Empire romain, 61 av. J.-C.
Le père de Marcus est un ancien centurion qui a connu son heure de gloire en sauvant la vie du général Pompée, lors de la révolte des esclaves. Le temps a passé et, désormais, la famille mène une vie paisible dans la ferme d'une petite île grecque.
Soudain, tout s'effondre : un créancier fait assassiner son père et réduit en esclavage Marcus et sa mère. Vendu à une école de gladiateurs, le garçon affronte la brutalité de l'entraînement et des instructeurs. Mais Marcus est bien déterminé à survivre pour retrouver Pompée et obtenir justice !







Ma rencontre avec le livre
Vous l’avez compris depuis un moment, je suis plutôt intéressé (doux euphémisme) par l’Antiquité et en particulier par les Romains. En fouinant dans les prochaines sorties chez Gallimard jeunesse, j’ai donc tout de suite repéré cette série historique jeunesse parue fin février dernier. Les éditions Gallimard ont alors accepté de soumettre cette nouvelle parution à un romaniste pur sucre et je les en remercie. Verdict ?


Ma lecture du livre
Disons d’emblée ce qui fâche et faisons-le clairement (tant pis si je passe pour un romaniste tatillon et critique, après tout, c’est pour ça que je suis là) : nous tenons là un roman d’aventure honnête mais un mauvais roman historique. Explications.


Sous ces airs de roman jeunesse invitant à découvrir « l’empire romain comme vous ne l’avez jamais vu », Gladiateur : Le combat pour la liberté tente de se faire passer pour un roman historique, ce qu’il n’est en aucun cas. En effet, si on excepte quelques utilisations de termes latins dans le texte pour faire bonne figure, les gladiateurs ou le personnage de Pompée et de Spartacus, j’ai eu beaucoup de peine à voir les Romains dans ce livre. L’ « atmosphère romaine » que j’ai pu ressentir dans d’autres romans historiques est quasiment absente ici. L’auteur échoue à nous transporter à Rome (et pour cause, puisqu’on y met pas une seule fois les pieds pendant tout le roman).


Mais, plus grave que cette atmosphère peu présente, l’auteur se rend coupable de méconnaissances et d’erreurs grossières en voulant jouer avec une civilisation qu’il ne semble pas connaître si bien que ça. Cela transparaît dans les termes et le vocabulaire utilisé. Il emploie ainsi plusieurs fois le terme de prétorien de façon abusive et semble le confondre avec patricien (qui est lui aussi utilisé assez approximativement). Autre erreur grossière (mais ici, c’est peut-être le traducteur qui est à mettre en cause) : un personnage est originaire de Sparte et est appelé « le Sparte ». Ca ne vous choque peut-être pas mais en réalité, on dit « un Spartiate » (le nom Sparte pour désigner un individu existe mais renvoie à des personnages mythiques liés à la ville de Thèbes). Pour vous donner une idée de comment l’erreur sonne à mon oreille, c’est comme si on disait que les habitants de Rome s’appellent les Romes, ou ceux de Paris les Paris… Dernier exemple de terme utilisé de façon étrange (je me permets de le rajouter car il aura au moins eu le mérite de m’apprendre un nouveau mot) : l’utilisation du nom « cacique » (à nouveau, c’est peut-être lié à la traduction). Jamais entendu ce terme avant (je ne prétends pas connaître tous les mots de la langue française mais, quand même, dans un roman jeunesse, ça fait bizarre) et pour cause puisque, après recherches, j’ai découvert qu’il s’agit d’un terme au sens très précis et renvoyant à un modèle d’organisation politique de certaines tribus amérindiennes. Le terme est même tiré d’une langue amérindienne. Bref, rien à voir avec Rome, anachronique de le mettre dans la bouche d’un Romain (ok, si on devait écrire en respectant totalement la cohérence historique, on écrirait aucun roman historique) mais surtout, franchement, je ne vois pas l’intérêt d’utiliser un terme si compliqué et spécifique pour désigner ce qui finalement est un aristocrate ou un noble (on est d’accord, ces deux termes sont eux aussi connotés historiquement mais au moins ils ont le mérite d’être plus clairs). Bref, je me suis laissé emporté et l’historien a pris le pas sur le lecteur. Tout cela pour dire : si vous cherchez un bon roman historique, préférez plutôt la série Titus Flaminius de Jean-François Nahmias.


Faisons un peu taire l’historien et laissons la parole au lecteur standard qui n’ira pas chercher la petite bête et n’est pas forcément à la recherche d’un roman historique rigoureusement documenté. Pour un tel lecteur, Gladiateur : Le combat pour la liberté n’est pas un mauvais roman. Le livre se lit sans peine. Mis à part certains choix de vocabulaire (comme le cacique), le style est simple mais agréable et le suspens relativement bien tenu. Les retournements de situation sont plus ou moins bien amenés : certains sont des surprises agréables tandis que d’autres sont prévisibles trop longtemps à l’avance (comme la « révélation » finale).


Marcus, le personnage principal, s’avère assez attachant. Mais, j’ai eu léger problème quant à son âge. Dix ans me paraît bien trop jeune pour l’aventure et les actes qu’on lui prête. Je n’arrivais souvent pas à y croire et instinctivement pendant ma lecture j’avais plutôt tendance à visualiser un adolescent de minimum 13-14 ans.


Cette question de l’âge du héros m’amène à parler de l’âge du public visé. En effet, c’est assez surprenant que le roman  est donné « à partir de 10 ans » devant une violence assez explicite qui y est omniprésente. On est très loin de ce que propose le premier Harry Potter de ce côté là pourtant lui aussi destiné à un public à partir de 10 ans (je fais cette comparaison car le journal Telegraph affirme au sujet de Gladiateur : « Quand Poudlard rencontre Rome » ; j’avoue que je cherche encore le pourquoi du comment de la comparaison). Si ce n’est pas déplaisant pour moi d’avoir une vision qui ne soit pas trop édulcorée du monde des gladiateurs, ce point mérite d’être souligné pour mettre en garde les jeunes lecteurs qui pourraient être sensibles. De plus, à nouveau, cela renforce l’impression que le héros est trop jeune.




Finalement, le fait que les perspectives ouvertes pour le tome 2 (à paraître en 2014) me donnent envie de lire la suite me font dire que le livre n’est pas si mauvais que ça. Je l’ai lu relativement facilement et rapidement sans me forcer. La lecture est agréable mais j’ai connu mieux d’un point de vue reconstitution et éléments historiques. On sent que l’auteur n’est pas spécialiste de la période à laquelle il s’attaque et ça ne pardonne pas (pour moi qui suit spécialiste de cette période). Le côté roman d’aventure est néanmoins, lui, assez efficace même si on est parfois gêné par le ciblage assez approximatif du public (décalage entre un héros très jeune et une violence omniprésente).

6/10

jeudi 12 avril 2012

Alex Rider 9 : Le réveil de Scorpia de Anthony Horowitz


    Voici la chronique de l’ultime tome des aventures d’Alex Rider de Anthony Horowitz. Je conclu ainsi une des saga faisant l’objet du challenge serial lecteur (voir par ici).





Quatrième de couverture :
A seulement 15 ans, Alex Rider a frôle plusieurs fois la mort. Pour lui, le MI6 et la vie d'espion, c'est terminé.
C'est compter sans Scorpia, l'organisation criminelle, qui renaît de ses cendres, et dont les dirigeants n'ont qu'une idée en tête : se venger d'Alex. Scorpia place, une à une, ses pièces sur un véritable échiquier de la terreur. 
Cette fois, Alex Rider aura bien du mal à sortir indemne des mailles du filet.












Ma rencontre avec le livre :

Alex Rider et moi, c’est une longue histoire ! Tout a commencé je ne sais plus trop comment. La cause de cet oubli ? Et bien disons que j’ai commencé la série en 2005 ! Donc, oui, ça date un peu et j’avoue ne pas me rappeler les circonstances exactes de ma découverte. Sans doute au hasard de mes errances dans la médiathèque où j’allais lorsque j’avais des heures de libres entre deux cours.
En ce qui concerne ce tome précisément, là, je m’en rappelle très bien (encore heureux, ça date d’il y a deux semaines…) : médiathèque, j’en suis certain. Après plusieurs mois à attendre que l’unique exemplaire soit enfin « retrouvé », j’ai enfin pu l’emprunter !


Ma lecture du livre :

Petit rappel scénaristique pour ceux qui ne connaissent pas notre jeune ami Alex Rider et que la quatrième de couverture du présent tome n’a pas vraiment éclairé. Alex Rider est un jeune collégien anglais qui a la particularité de se retrouver depuis le premier tome de ses aventures obligé, malgré lui, de coopérer avec les services secrets britanniques. Son statut de collégien en font en effet l’agent idéal pour des missions délicates d’infiltration (et en théorie de simple observation mais qui tourne en général très mal pour notre héros). Il survit une fois, deux fois, et les directeurs sans scrupule du bureau du MI6 ne cessent ainsi de lui faire du chantage pour que le jeune collégien travaille à nouveau pour eux. Ses succès sont tels qu’Alex se met rapidement à dos la majorité des organisations criminelles et terroristes contre lesquelles lutte le MI6… C’est là qu’intervient cet ultime tome.


En effet, habituellement, c’est Alex qui débarque au milieu d’un complot visant à ruiner tel pays, à intoxiquer tous les enfants de tel autre état. Bref, c’est Alex qui vient embêter les méchants ! Ici, c’est tout le contraire : Scorpia, une organisation criminelle ridiculisée plusieurs fois par Alex et détenant des secrets sur son passé a décidé de se venger. Alex part bien en mission, à nouveau forcé par le MI6, mais cette fois tout n’est qu’un immense piège visant à supprimer Alex et à humilier le Royaume-Unis (pour ce second point, je n’en dis pas plus).


Afin de poser tous les éléments du piège orchestré par Scorpia, l’auteur prend ainsi le risque de donner un début très long à son roman : il faut attendre plus de 100 pages avant d’enfin retrouver Alex ! Ce risque s’avère cependant payant : certes, on s’impatiente un peu devant l’absence du héros mais une véritable tension s’installe. Le plan machiavélique se met doucement en place devant nos yeux et lorsque enfin on le rejoint, on ne peut que se dire « Oula, toi, mon pauvre, tu es mal barré ! ».


Un fragment de la frise du Parthénon
Que les habitués se rassurent cependant : Alex sera quand même amené à démêler un complot impliquant les frises antiques du Parthénon conservées au Brithish Museum (mon âme d’archéologue ne pouvait pas ne pas tomber sous le charme !). En effet, si Scorpia cherche à se venger d’Alex, on ne tombe pas dans un récit mono-centré sur cet aspect. L’organisation criminelle rentabilise son investissement en se servant du jeune collégien comme d’un pion dans le dit complot impliquant les dits vestiges archéologiques et visant à humilier le Royaume-Unis.


Globalement, l’intrigue est agréable à suivre. Malgré la différence d’âge depuis que j’ai commencé cette série, j’ai pris autant de plaisir à suivre Alex que par le passé. Le style d’Horowitz se veut simple, haletant, propice à un rythme soutenu au service d’une intrigue sans temps mort (mis à par la longue mise en place).


On sent tout au long du roman poindre un parfum de fin : des personnages sont sur le départ, l’auteur fait des allusions-hommages rétrospectifs aux  autres aventures d’Alex faisant ainsi revenir quelques guests-stars des tomes précédents. On soulignera en particulier le retour inattendu mais efficace d’un personnage du tome 2 dont j’avais, je l’avoue totalement oublié l’existence (et pour cause, j’ai lui Pointe blanche en 2005 !).


La délicate odeur de conclusion se sent également dans la discrète évolution de l’orientation de la série. Alex Rider était habituellement une série jeunesse d’espionnage avec un pitch de départ qui n’est pas des plus réalistes (un collégien espion qui survit à toutes ces aventures…). Mais ce n’est pas grave, on aime (ou pas pour l’histoire) et c’est agréablement écrit. Mais ici, pour la fin, Horowitz décide d’aller plus loin, comme si étant donné qu’il s’agit du dernier tome et que ses lecteurs ont grandi, il voulait les amener tout doucement vers des romans plus matures. Au revoir  les complot un peu tirés par les cheveux (cf. empoisonner tous les collégiens d’Angleterre en cachant un virus dans des ordinateurs…) et bonjour le complot plus sophistiqué et plus politique. Au revoir le « les gentils s’en sortent toujours et les gentils sont toujours vraiment gentils » et bonjour l’exécution de personnages clés et la nuance apporté à certains personnages.


Venons-en maintenant à LA question : il s’agit du dernier tome. Dès lors, Horwitz remplie-t-il son contrat de conclure la série ? Pour la réponse est indéniablement oui. Alex Rider est le genre de saga qu’il est difficile de clôturer : on peut toujours, si on le veut, trouver une nouvelle mission au héros car on trouvera toujours de nouveau terroristes. Ce n’est donc pas le simple fait de le faire triompher (ou non, à vous de lire pour le savoir) sur Scorpia qui peut justifier le qualificatif de conclusion. Horowitz n’essaye pas de nous duper ainsi. Non, il cherche véritablement à conclure non pas une x-ième mission mais l’évolution de son personnage. On l’a dit, l’auteur fait mûrir son style et son approche dans ce dernier roman et par la même occasion il fait également mûrir Alex. En cela, il s’agit pour moi de la conclusion parfaite, s’adaptant à l’évolution du lectorat tout en lui ouvrant la voie vers des livres plus adultes. On aimera ou on aimera pas le Alex transformé, devenu adulte en quelque sorte, que nous propose Horowitz. Mais dans tous les cas, je pense qu’on ne peut que saluer le travail de l’auteur pour offrir non pas simplement une ultime aventure venant juste s’ajouter aux huit autres mais bien une véritable conclusion au personnage permettant de tourner définitivement la page.


En conclusion (c’est le cas de le dire), un ultime tome à la hauteur de la série bien que légèrement différent. Bien construit, haletant (malgré une longue mise en place), il conclut à merveille les aventures d’Alex Rider qui ne ressort pas inchangé de cette ultime épreuve, sans doute la plus difficile qu’il ait eu à affronter jusque là. Les habitués aimeront, j’en suis sûr. Pour les autres, c’est l’occasion de découvrir la saga. ;-)


8,5 / 10
CITRIQ

lundi 16 janvier 2012

L'invention de Hugo Cabret de Brian Selznick



Voici ma première chronique, exemple type de la façon dont j'en viens à lire des livres au gré des événements : L'invention de Hugo Cabret de Brian Selznick.

 


 Quatrième de couverture
 Hugo Cabret est orphelin : son père, qui l’élevait, est mort dans l’incendie du musée où il était employé comme horloger. Ses seuls compagnons sont un automate trouvé dans les décombres du musée, sur lequel travaillait son père, et son oncle, un poivrot qui l’héberge dans les combles de la gare. Un jour, l’oncle disparaît. Hugo n’a d’autre solution que de se cacher et de poursuivre le travail de l’oncle (régler les horloges) en priant pour qu’on ne le découvre pas. Car il a un but : finir de réparer l’automate de son père. Hugo est persuadé qu’une fois en état de marche, celui-ci lui délivrera un message important.









Ma rencontre avec le livre :


        Les cinéphiles parmi vous auront peut-être entendu parler du dernier film de Martin Scorsese sorti en décembre dernier, Hugo Cabret, adaptation du roman dont je fais ici la critique. M'attendant à un X-ième film de Noël (un petit garçon, une petite fille, un mystère, de la neige...), j'ai été très agréablement surpris par ce film, hommage à l'histoire du cinéma.


         L'amie avec qui je suis allé au cinéma, et qui m'a suivi sans rien savoir du film, a elle aussi été surprise et s'est rappelée au beau milieu de la séance qu'elle avait lu voilà quelques années le livre à l'origine du film. L'histoire demeurait un peu floue dans son esprit mais elle était sûr d'une chose : le livre était très original par sa construction et était un petit bijou visuel. Il ne m'en a pas fallu plus pour foncer à la bibliothèque, l'emprunter et le dévorer !




Ma lecture du livre :


         Disons-le d'emblée : il s'agit d'un livre pour jeune public. Le style se veut simple et concis, sans effets de style, envolées lyriques ou réflexion philosophique. L'histoire est narrée en se limitant aux actions des personnages en se contentant des petites touches psychologiques pour permettre au lecteur de cerner les émotions et les intentions de ces derniers. D'un point de vue casting, là aussi, l'auteur a fait le choix de la simplicité et s'intéresse à peu de personnages (certains personnages découverts dans le film n'existent pas dans le livre).


         Mais peu importe, l'essentiel de l'ouvrage n'est pas là (ni dans son scénario sur lequel je reviendrai plus loin). Ce qui avait marqué mon amie et m'a marqué à mon tour, c'est la construction et le fonctionnement du livre que j'avais entre les mains. Ni roman, ni livre d'image ni bande dessiné, il est une sorte d'hybride de ces différents genre, véritable œuvre d'art qu'il suffit de regarder pour rêver. L'auteur fait en effet le choix d'user à la fois d'images et de mots pour nous conter l'histoire d'Hugo Cabret. Rien de bien original me direz-vous, on a déjà vu des livres illustrés. Et bien détrompez-vous, car ici, les dessins ne sont pas de simples illustrations : elles font partie à part entière de l'histoire au sens où elles ne renvoient à aucun passage du texte et font avancer d'elle-même l'histoire. Les passages de roman dit « classique » alternent donc avec des passages, parfois de plus des 20 pages, uniquement composés de dessins.


         Un mot sur ces dessins, donc. Ils sont tout simplement très beau : si vous cherchez des illustrations bariolées, surchargées et aux milles couleurs, vous serez déçus. L'auteur-dessinateur adopte un style très simple, dessinant uniquement au crayon et nous offrant des images aux variances de gris (jetez un oeil à l'image au bas de l'article pour un aperçu). Selon moi, l'effet fonctionne : si les mots ont peiné à m'emporter, les images, elles n'ont eu aucune difficulté à le faire pénétrer dans l'histoire d'Hugo.


          Enfin, justement, un mot sur ce scénario. L'histoire est originale (dans mon cas, ayant vu le film auparavant, le suspens était moins intense). On prend plaisir à suivre Hugo Cabret, jeune orphelin travaillant comme horloger dans une gare parisienne. Lorsqu'il n'est pas entrain de remonter les montres de la gare ou de voler de quoi manger, il passe son temps à essayer de réparer un mystérieux automate, seul objet laissé par son père. Je n'en dit pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte mais je peux vous assurer que l'histoire (lorsque j'ai vu le film) m'a agréablement surpris. Sous ses faux semblants de déjà-vu, Hugo va conduire le lecteur dans une découverte de l'histoire du cinéma à travers un hommage à certain personnage ayant réellement existé mais dont je tairai ici le nom ! Si vous voulez savoir de qui il s'agit, il faudra lire-regarder le livre (ou aller voir le film mais ce serait dommage de vous en contenter !).


Bonne lecture ! Et si vous connaissez d'autres livres du même genre, dites-le moi ! Je vous rappelle le principe : Lego, je lis – Legitis, vous lisez – Legimus, nous lisons !

CITRIQ
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