samedi 27 octobre 2012

Star Wars / L’héritage de la Force 5 : Sacrifice de Karen Traviss



  
Star Wars / L’héritage de la Force 5 : Sacrifice 
Karen Traviss
Publié aux éditions Fleuve noir
476 pages

Quatrième de couverture :
L'Alliance Galactique menée par Cal Omas et Luke Skywalker affronte Corellia et les planètes rebelles l'ayant rejointe. Han et Leia Solo, suspectés de meurtre, sont toujours en fuite et poursuivis par leur propre fils dont les méthodes sont de plus en plus autoritaires. Alors que sa famille voit en lui un nouveau Dark Vador, Jacen Solo croit oeuvrer à la paix et au retour de l'ordre dans la galaxie. Seulement, il se pourrait bien que sa prochaine épreuve consiste à sacrifier un de ses proches. Mais lequel ? Cette question l'obsède, et ce, d'autant plus qu'il a déjà accepté beaucoup de compromis pour suivre les enseignements de Lumiya. L'étau se resserre sur les familles Solo et Skywalker, car les décisions qui seront prises risquent de briser des clans à jamais et de faire naître un avenir des plus sombres...



Comme d’habitude pour les romans Star Wars, je vous renvoie à l’article qui normalement devrait vous permettre de vous y retrouver dans la chronologie des romans. C’est par ici !


Woua ! C’est ma première réaction ! Ca faisait vraiment longtemps que je n’avais pas pris une telle claque avec un roman Star Wars. Je sors de ma lecture et j’en suis encore tout chamboulé (à l’image de la galaxie qui prend là un tournant majeur).

Dans ma chronique du tome 4 qui m’avait peu emballé (par ici), j’avais fait preuve de scepticisme quant aux promesses du tome suivant. L’histoire me semblait tourner en rond, les personnages un peu trop lent à réagir aux changements et j’avais supposé que devant l’irrésolution d’intrigues secondaires nous n’aurions toujours pas droit à une avancée de l’histoire générale digne de ce nom. Et bien je me trompais…


Claque monumentale tout d’abord par l’évolution des personnages. Pour ça, il me faut rappeler un minimum l’intrigue tout en essayant de ne pas trop vous en révéler. La galaxie est en proie à une nouvelle guerre civile liée au refus de certains systèmes de contribuer à l’effort de défense de l’Alliance galactique. Résultat : deux camps s’affrontent : le camp républicain traditionnel (Coruscant, les Jedi…) face à un groupe mené par Corellia (et auquel se joignent des gens comme Leia et Han Solo). Bref, une galaxie divisée qui voit se rompre les camps habituels et le clivage gentil / méchant.

Au cœur de la remise en cause de cette traditionnelle opposition manichéenne : Jacen Solo, le fils de Leia et Han. Afin de ramener l’ordre et la paix, il est prêt à se sacrifier, à vouer son âme au côté obscur si cela peut permettre de ramener l’ordre. Et, enfin, au bout de 5 livres, il embrasse son destin. Le passage se fait enfin, complexe par les motivations de Jacen et les actes qu’il est amené à commettre.

Face à lui, les autres personnages réagissent enfin : Luke Skywalker commence à prendre conscience des enjeux mais c’est surtout sa femme, Mara Jade, et leur fils Ben qui sont les principaux acteurs de ce roman. C’est un réel plaisir de suivre Mara dans son enquête pour comprendre ce qui arrive à Jacen tout comme on s’attache à Ben, cet adolescent de 14 ans, qui voit peu à peu l’admiration qu’il avait pour ce même Jacen s’effriter. La relation particulière qui unit Mara à son fils Ben est un des points forts de ce tome.

Claque ensuite par les risques pris par les auteurs du cycle. Les choses bougent dans la galaxie et personne pas même les personnages principaux ne sont pas à l’abri de pertes majeurs. Que ce soit dans le camps des Jedi ou des Siths, ce tome signe la disparition définitive de plusieurs personnages clés et auxquels on ne pensait pas qu’il était possible de toucher (quoique, depuis la mort de Chewbacca dans le Nouvel Ordre Jedi, on savait que la cruauté des auteurs était sans limite). Bien que accidentellement spoilé avant ma lecture du roman, LE décès de ce tome m’a retourné. Et pour cause, la tension dramatique procurée par l’affrontement de personnages aussi importants les uns que les autres avec l’inéluctable décès de l’un d’eux m’a suspendu à mon livre (et ça faisait longtemps que cela n’était pas arrivé avec un Star Wars).

Alors, oui certes, il y a des défauts (tout du moins certains trouveront que ce sont des défauts) : il ne s’agit pas d’un tome bourré de batailles trépidantes d’un bout à l’autre (on a par exemple pas de bataille spatiale spectaculaire mais personnellement  les scènes de vaisseaux me fatiguent rapidement donc bon…) ; certains personnages sont absents (Leia, Han… Que deviennent-ils ?) ; on nous ressort un Boba Fett et une obscure histoire sortie de son passé (déjà évoquée dans le tome 2 ; à nouveau personnellement, j’aime beaucoup le personnage donc cela ne m’a pas dérangé outre mesure). Mais peu importe ! La qualité globale du roman, les nombreuses scènes taillées sur mesure pour Jacen, Ben et Mara sont excellentes : ce qui est dans le roman est très bon donc peu m’importe ce qui ne s’y trouve pas. L’action, plutôt réduite dans le deux premiers tiers du roman, ne fait que renforcer la tension et l’accélération de la fin lors de ces duels à mort dont j’ai souligné l’intensité dramatique.


Là où j’étais plein de déception et sans grand espoir pour la suite, ce tome a réussi à me replonger dans le cycle de L’héritage de la Force. Volume pivot par son nombre (le cinquième sur neuf) autant que par le basculement qu’il opère dans l’intrigue, il s’agit là d’un des meilleurs romans Star Wars que j’ai pu lire depuis longtemps. Seul défaut : pour en saisir toute la portée, il faut passer par les tomes précédents dont la qualité est bien moindre. Tuer des personnages-clés est le lourd prix à payer pour atteindre de tels potentialités pour la suite. Espérons donc que les auteurs sauront en faire usage à bon escient afin qu’un de mes personnages favoris ne soit pas mort en vain…

9/10
CITRIQ

lundi 15 octobre 2012

[Et Cetera 7] Cinéma : Savages



Réalisation : Oliver Stone
D’après le roman de Don Winslow
Acteurs principaux :  Taylor Kitsch, Aaron Taylor-Johnson, Blake Lively, Benicio del Toro, John Travolta, Salma Hayek.

Synopsis (source Allociné) :
Interdit aux moins de 12 ans (je dirai même plus...)
Laguna Beach, Californie : Ben, botaniste bohème, Chon, ancien Navy Seal, et la belle O partagent tout. Ben et Chon sont à la tête d’un business florissant. Les graines ramenées par Chon de ses missions et le génie de Ben ont donné naissance au meilleur cannabis qui soit. Même s’il est officiellement produit pour des raisons thérapeutiques, ils en dealent partout avec la complicité de Dennis, un agent des stups. Leur affaire marche tellement bien qu’elle attire l’attention du cartel mexicain de Baja, dirigé d’une main de fer par Elena. Face à leur proposition d’"association", Chon est partisan de résister par la force, mais Ben préfère tout abandonner. Pour les contraindre à coopérer, le cartel kidnappe O. Elena a eu raison d’utiliser les liens très forts du trio, mais elle a aussi sous-estimé leur capacité à réagir… C’est le début d’une guerre entre l’organisation du crime dont le bras armé, Lado, ne fait aucun cadeau et le trio. Qu’il s’agisse de pouvoir, d’innocence, ou de la vie de ceux qu’ils aiment, tout le monde a quelque chose à perdre.


Soyons honnête, je n’attendais pas grand chose de ce film. Sans les billets gagnés à un concours, je ne serai sans doute jamais allé le voir. Et, ça aurait été bête parce que je serai passé à côté d’un bon film, ou tout du moins d’une très agréable surprise !

L’histoire est simple : deux amis, Ben et Chon, ont monté leur petit business du cannabis sur la côté californienne et réinvestissent une partie de leurs profits dans des œuvres caritatives. Ils filent le parfait amour avec O, une fille qui sort indifféremment avec les deux garçons. Malheureusement pour eux, leur succès attire l’attention d’un gros cartel mexicain qui souhaite s’associer aux deux génies en raison de la qualité de leur herbe. Rebuté par les valeurs contraires aux leurs qui animent les cartels (violence etc), Ben et Chon refusent. En représaille, O est enlevée. Les deux amis feront alors tout ce qui est en leur pouvoir pour la récupérer, quitte à renier leurs valeurs et à vendre leurs âmes…

Le pitch n’est pas forcément super emballant et original et pourtant… En effet, Oliver Stone nous offre une plongée dans le monde des cartels que j’ai trouvé très intéressante. L’histoire anecdotique de Ben et Chon se mêle par exemple à des enjeux plus larges de lutte entre cartels.
On pourrait s’attendre à un film d’action du début à la fin et pourtant non. La narration, par la jeune O depuis sa prison, en est peut-être pour quelque chose : elle apporte un certain recul sur l’histoire et les personnages. Ainsi, le film s’ouvre sur près de 20 minutes de portrait des différents personnages qui sont tous très intéressants à suivre.

Concernant ces personnages, ma préférence va à Elena, la « méchante » de l’histoire, responsable du Cartel mexicain qui enlève O. L’interprétation proposée par Salma Hayek est tout simplement géniale. J’ai également tout particulièrement apprécié Ben, le jeune botaniste idéaliste qui sert de référentiel moral pendant tout le film.

Et un référentiel moral, il y en a besoin. En effet, le film met en scène une violence exacerbée qui m’a réellement dérangée lors de certaines scènes. Dans un film d’horreur, ça ne me fait rien, mais ici, on se situe dans une esthétique clairement réaliste qui reproduit une violence que le spectateur sait réelle dans le monde des cartels de la drogue. Oliver Stone nous envoie en pleine face une réalité de notre société, et ça dérange. Je trouve que certaines scènes vont même trop loin dans l’explicite. Ben semble être le seul personnage qui, dans son idéalisme humaniste, semble rebuter par cette violence. Pourtant, même lui, prêt à tout, sacrifie son innocence (relative quand on produit de la drogue…) pour sauver O.

Le film fonctionne : le scénario tient en haleine pendant les deux heures de film et on s’attache à ces personnages pourtant peu sympathiques. Malheureusement, le film a aussi ses défauts. En premier lieu, cette violence parfois exagérée que j’ai déjà souligné. Le scénario, globalement pas mauvais, souffre également d’une trop grande prévisibilité sur un point en particulier lié à la fille de la méchante Elena.

Enfin, parlons de la fin : elle n’est pas un défaut en tant que tel. J’ai du mal à savoir ce que j’en ai pensé et je peux difficilement m’expliquer sans gâcher la surprise à ceux qui comptent voir le film. Disons seulement que le procédé utilisé peut sembler original mais m’apparaît au final comme un moyen de ne pas assumer le sens qu’on donne à son histoire. Il va falloir que je récupère le roman qui a inspiré le film pour voir ce qu’il en est dans l’œuvre originale.


En bref : un bon film alliant personnages intéressants, action et plongé dans les cartels de la drogue. Une BO qui colle parfaitement au film et des décors qui, en période de concours, vous donnent juste envie de partir en vacances (même si ce qui se passe vous refroidit ensuite un peu !).

samedi 22 septembre 2012

L’Assassin royal 6 : La reine solitaire de Robin Hobb


Après une nouvelle (trop ?) longue absence, je suis de retour pour vous proposer ma chronique du dernier tome du premier cycle de l’Assassin royal de Robin Hobb.

 
L'Assassin royal 5 : La voie magique
Robin Hobb
Editions J'ai Lu
380 pages

Résumé :
Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés.
Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l'usurpateur qui règne d'une main de fer sur les duchés de l'intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d'autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d'Artiseurs. L'art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l'implacable soif de pouvoir de Royal. Royal l'assassin parviendra-t-il à retrouver la paix dans les bras de son Aimée et de leur fille ?




Cet ultime opus (avant la suite dans le second cycle) est à l’image des autres tomes en ce qui concerne le sentiment qu’il me laisse : un réel plaisir à lire, des choses que j’ai adorées mais comme trop souvent avec Robin Hobb, également des déceptions.

La plume de l’auteur est toujours aussi fluide et prenante que dans les tomes précédents. Mais, elle se met ici au service d’un récit quelque peu différent. Les éléments propres aux univers de fantasy (magie, créatures…) deviennent omniprésent et prennent une place cruciale dans l’intrigue et sa résolution. On est loin des intrigues de cour ou des pérégrinations montagnardes des précédents tomes.
J’ai failli être déçu par ce choix de l’auteur d’embrasser une fantasy utilisant les gros ressorts du genre. Mais, à mon grand bonheur, Robin Hobb a réussi à me convaincre. Sans en révéler plus que nécessaire, disons simplement que la nature et surtout l’origine des éléments « fantasy » sont très poignantes et apporttent une force émotionnelle au récit. Il ne s’agit pas de simples éléments de décors pour faire roman de fantasy. Ces éléments ont une réelle raison d’être et offre à l’auteur l’opportunité de plonger dans l’intimité des personnages que nous suivons depuis maintenant six tomes. L’évolution de leurs relations au cours de ce dernier livre sont en effet particulièrement intéressantes.

Les personnages, parlons-en justement. Le héros, Fitz, a ici achevé de mon convaincre. J’avais un peu de mal à l’apprécier dans les premiers tomes mais il devient ici bien plus complexe et donc intéressant à suivre. Caudron, au sujet de laquelle j’étais sceptique dans le tome 5, s’avère finalement un personnage possédant un certain charme (même si je maintien qu’on a un peu trop l’impression d’avoir à faire à un personnage sorti du chapeau). Le fou, Kettricken et Astérie sont également très plaisants à suivre dans ce tome où ils sont un peu plus présents. Bref, les personnages sont véritablement le point fort du roman.

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agit là de mon tome favori pour la simple raison qu’il est trop différent des précédents. Il est en quelque sorte inclassable. Mais, c’est en revanche dans ce tome, et cela de façon certaine, que se trouve mon passage préféré de la saga à ce jour : la visite d’une antique cité en ruines où se mêle poésie et nostalgie d’un temps perdu et pourtant toujours présent en écho dans la pierre (ma sensibilité particulière pour ce passage vient peut-être de ma propre visite de Pompéi peu de temps avant la lecture de ce passage…).

Malheureusement, comme je l’ai dit plus haut, il y a néanmoins quelques ombres au tableau. En particulier en ce qui concerne les explications apportées à certains éléments. Elles sont décevantes et surtout amenées artificiellement. Cela donne l’impression d’une mauvaise  gestion de la part de l’auteur : un peu comme si, arrivée à la fin, elle s’était rappelée qu’il lui restait à expliquer telle chose (ou alors peut-être l’avait-elle bien en tête mais a échoué à l’intégrer au déroulement de l’intrigue). Je pense ici à tout ce qui concerne les pirates rouges et la forgisation… 

8,5 /10

Finalement, que conclure au sujet de ce premier cycle de l’Assassin royal ? Globalement, mon avis est très positif. L’auteur, dont le style est plaisant et soutenu d’un bout à l’autre de la saga, nous a offert un univers riche et cohérent dans lequel évoluent des personnages qu’on suit avec plaisir. Le seul bémol, c’est l’intrigue, trop déséquilibrée à mon goût : elle évolue très lentement dans les premiers tomes tandis que la fin est quelque peu rapide. Le cycle dans son ensemble n’en demeure pas moins très bon. Il pourrait selon moi se suffire à lui-même puisque l’épilogue offre une conclusion tout à fait satisfaisante. Je me demande donc comment sera amenée le second cycle. Espérons qu’il ne s’agira pas d’une intrigue artificielle servant juste de prétexte pour donner une suite facile à une saga à succès. Avant de le savoir, il me faudra d’abord lire les Aventuriers de la mer (pour mémoire : cycle se passant dans le même univers, écrit entre les deux cycles de l’Assassin royal et narrant des évènements se passant en partie entre ces deux cycles. D’où le conseil souvent donné de lire les Aventuriers avant la suite de l’Assassin).
CITRIQ
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